Allan Mingot et Thibaut Volant ont accompagné Pierre Naudet, manager général du club, et Youssouf Simpara, membre du conseil d'administration, à Bamako (Mali) en juin et juillet 2017. NDC Angers, en partenariat avec la Ville d’Angers, le CECFM et l’ACEFOOT-Mali, y organisait une formation d’éducateurs de football. Deux mois et demi après leur retour, les deux éducateurs angevins, qui s’occupent de la formation des jeunes à NDC, nous racontent leurs souvenirs de ce voyage pas comme les autres, leur premier en terre malienne.

Et inédit et exclusif : le clip vidéo "NDC Angers sur la terre malienne", pour remercier tous les soutiens de ce projet et notamment la Ville d'Angers. Réalisation : Youssouf Simpara.

Quels enseignements retires-tu de cette première expérience à Bamako ?

Allan Mingot : "Mon voyage à Bamako m’a ouvert les yeux sur pleins de choses. Le mode de vie des Bamakois est complètement différent de celui des Occidentaux. Ils vivent au jour le jour sans se soucier de ce qui se passera le lendemain. Un mode de vie quasiment impossible en France mais qui ne leur pose aucun problème. La plupart des Bamakois vivent dans des conditions difficiles. Ils sont dans l’obligation de se débrouiller en permanence.
Bamako est une ville surpeuplée, rythmée au quotidien par le bruit des scooters, des camions de marchandises et tout ça entourée d’une pollution omniprésente. J’ai été très marqué par les disparités économiques à Bamako. On distingue une minorité de très riches et une majorité de très pauvres. La classe moyenne est peu présente sur l’ensemble du territoire malien. J’ai également été marqué par le respect de la hiérarchie. Chacun a une place bien défini dans la société et le fait savoir. Les rencontres effectuées (le cabinet du Ministre des Sports ; les membres de l’ACEFOOT ; le président de la Fédération malienne ; le vice-président de la police de Bamako ; le maire de la commune 2…) sur place ont été plus surprenantes les unes que les autres. A chaque fois, nous avons été accueillis comme des « rois ». Les Bamakois ont un sens de l’accueil qui ferait pâlir certains Occidentaux. Sur cette première expérience, je retiendrai un sens de l’accueil hors du commun, des personnes souriantes et des rencontres surprenantes"

Thibaut Volant : "J'ai appris beaucoup de choses au cours de cette formation mais également lors des rencontres que nous avons faites pendant ces 12 jours. Lorsqu'on découvre un nouveau pays, on a toujours un tas de préjugés sur ce qu'on va y découvrir, en particulier dans un pays comme le Mali. Cette expérience m'a permis de m'ouvrir et de découvrir une culture et un mode de vie différents de ce qu'on a l'habitude de voir avec nos yeux d'européens".

Comment as-tu vécu la formation avec les éducateurs maliens ? Quels ont été vos liens ?

AM : "Former des éducateurs était une première pour moi. J’avais un peu d’appréhension sur la manière dont allait se dérouler cette rencontre avec les éducateurs maliens. Les premières interventions étaient hésitantes mais plus on avançait dans le contenu, plus je me sentais à l’aise. Les éducateurs avaient envie d’apprendre et d’approfondir leurs connaissances. Ils se sont impliqués à 200% dans cette formation que ce soit sur les temps en salle ou sur les temps de terrain. La plupart d’entre eux étaient très demandeurs. Ils  posaient  des questions sur notre façon d’encadrer, de gérer certaines situations. On échangeait sur leur quotidien et leur façon de voir le foot. C’était très enrichissant. J’ai eu le sentiment d’avoir permis à certains d’entre eux d’acquérir de nouvelles méthodes d’encadrement, de nouvelles connaissances. Si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde…"

TV : "La formation des éducateurs maliens a été le temps fort de notre séjour. Cela faisait quelques années que j'avais envie de participer à une formation en tant que formateur mais c'était la première fois que je me retrouvais de l'autre côté de la barrière. Concevoir et animer une formation pour presque 80 stagiaires, c'est très valorisant mais c'est en même temps une grande responsabilité. A la fin des six jours de stage, si l'essentiel d'entre eux n'avaient rien appris, cela aurait été une grande déception. J'ai été très impressionné par leur concentration et leur écoute. Je le dis souvent en plaisantant mais c'était la réalité, lorsque nous commencions à parler lors des temps en salle, la seule chose qu'on entendait c'était le ventilateur qui grinçait dans le fond de la salle.  Les liens que nous avons eus avec les stagiaires se sont créés à travers nos très nombreux échanges. Très vite, ils nous ont questionnés sur leur quotidien d'éducateur et sur le nôtre. Dans une formation comme celle-ci, l'échange fait partie intégrante de l'apprentissage au même titre que les temps en salle ou sur le terrain".

Tu as vu le quotidien du football malien. Qu'est-ce qui t'a le plus surpris, étonné ?

AM : "Ce sont tous des passionnés de foot. Ils vivent foot à 100% malgré des conditions d’entraînement et d’encadrement très compliquées. Les infrastructures mises à leur disposition sont catastrophiques. Il y a peu de moyens matériel, les terrains sont pour la plupart du temps dans un état épouvantable. Les éducateurs sont souvent seuls pour une trentaine ou quarantaine d’enfants. Cependant, tous les joueurs rencontrés dans les différents centres de Bamako sont heureux de venir s’entrainer. Ils sont toujours à l’écoute et disciplinés. Le respect de l’éducateur est très marqué. Lors de nos passages dans les différentes structures, nous avons rencontré des joueurs très doués techniquement et en avance sur les enfants français aux mêmes âges. Les contraintes du terrain font que les jeunes joueurs doivent en permanence s’adapter techniquement et ils le font plutôt bien. Le football des jeunes au Mali est très peu développé. Il n’y a pas de championnat mis en place. Les structures organisent entre elles des rencontres et des mini-tournois de quartier. La particularité de ces équipes est qu’elles ne sont pas faites en fonction des âges mais en fonction du poids des enfants (comme au judo).  Cela fonctionne plutôt bien…"

TV : "Nous avons tous vu des photos ou des vidéos sur ce qu'est le football dans ces pays africains mais le vivre est très impressionnant. Pour une grande partie de ces centres, les conditions de pratiques sont catastrophiques. Les joueurs jouent pieds nus ou en sandalettes sur des terrains très compliqués (trous, déchets, etc.). Pourtant éducateurs et joueurs mettent énormément d'enthousiasme dans leurs entrainements et tous avaient le sourire et étaient heureux de jouer au football ensemble. Ce sont des images que je ne n'oublierais jamais".

Quel regard portes-tu sur le Mali désormais ?

AM : "Le Mali est un pays doté d’un sens de l’accueil au dessus de la moyenne malgré des conditions de vie très difficiles pour la majorité des Maliens.  Certaines mentalités devront changer pour permettre un meilleur développement du pays".

TV : "Un regard très différent de celui que je pouvais porter avant de faire ce voyage. Les seuls choses que je connaissais du Mali, c'était ce que j'avais entendu à travers les médias et les quelques expériences autour de moi. Toutes les personnes qui connaissent le Mali nous avaient dit que l'accueil y était exceptionnel, mais tant qu'on ne l'a pas vécu c'est difficile de se faire une idée. Après ces 12 jours, j'ai pu constater que l'accueil y est très chaleureux. J'ai également été surpris de voir combien les habitants de Bamako sont reconnaissants de l'aide fournie par la Ville d'Angers. J'invite ceux qui le peuvent à vivre cette grande expérience".

NDC est désormais lié avec ce pays, son football. Comment imagines-tu la suite de ces liens ?

AM : "Il y a pas mal de possibilités pour que l’on entretienne nos liens établis lors de ce séjour :
- Créer un partenariat avec les jeunes de NDC et les différents centres de Bamako

- Etablir des échanges avec les éducateurs formés lors de la cession de formation 2017 et les différents membres de l’ACEFOOT
- Organiser une autre cession de formation
- Organiser un rassemblement sur le Mali en partenariat avec la ville d’Angers (présenter les différents quartiers de Bamako...)
- Faire venir quelques éducateurs membres de l’ACEFOOT afin qu’ils découvrent notre quotidien".

TV : "Il nous faut maintenant mettre en place quelque chose de durable avec le Mali, à travers la formation des éducateurs mais également à travers des correspondances. Celles-ci se feront sous une forme qu'il nous faut définir pour que le lien entre NDC et les personnes que nous avons rencontrées au Mali puisse perdurer dans le temps".