La saison 2009-2010 fait une pause. C'est la fin de la première partie des compétitions et des actions techniques et sportives menées par le club.
Tour d'horizon sur ce qui a marqué la période entre août et décembre avec Yves de Singly, président de NDC Angers, et Pierre Naudet, responsable technique général.

Partie 1 : les jeunes.

Partie 2 : les seniors.

Yves de Singly. "Nous allons aborder la dernière partie de notre bilan à la trêve en parlant du groupe seniors. Je sais que tu aimes les statistiques, plus que moi du moins, et tu peux leur donner un certain sens. J’aimerais que tu fasses une analyse des éléments que tu as à cette période de la saison".

Pierre Naudet. "La plus belle des statistiques, ce sont les points que l’on a engrangés : 24 pour la A et la B et 21 pour la C. Les classements suivent avec la 1re place ex aequo pour la A, la 2e pour la B et la 4e pour la C. Evidemment, le bilan des résultats est satisfaisant. Nous avons des résultats homogènes, c’est plutôt un signe de bonne santé.
Nous sommes mieux que la saison dernière pour les trois équipes : +5 points pour la A, +3 pour la B et +1 pour la C, et avec un match en moins ! C’est vraiment très intéressant.
Cette progression s’explique parce que, comme la saison dernière, nous avons une forte présence aux entraînements. Nous avons en moyenne 31 joueurs par séance. Ce qui est élevé. Par exemple, le dernier vendredi d’entraînement, le 11 décembre, il y avait 36 joueurs. A cette période de l’année, c’est pas mal. On est sur une bonne dynamique de fin d’année puisque l’équipe première est sur trois victoires consécutives. La saison dernière, à la même époque, on avait fini l’année pour une lourde défaite à Possosavennières 0-3".

Tableau 1. La comparaison par points à la trêve
SAISONS
SENIORS A
SENIORS B
SENIORS C
2008-2009
19 pts (9 m)
21 pts (9 m)
20 pts (9 m)
2009-2010
24 pts (8 m)
24 pts (8 m)
21 pts (8 m)

Pierre Naudet. "Parmi les points positifs, on atteint avec les seniors A la trêve à 24 points, ce qui est un bon total, une moyenne de trois points par match. En maintenant ce niveau, on arriverait avec 66 points au terme des 22 journées. Avec ce total, certaines années, on monte… mais pas dans notre groupe l’année dernière, où il a fallu 70 points. Cela situe notre performance des huit premiers matches. Maintenant, serons-nous capables de la maintenir ? Sommes-nous capables d’être réguliers, d’enchaîner les contenus positifs, nos adversaires ne nous sont-ils pas supérieurs sur la durée, comment allons-nous gérer notre manque d’expérience ? Les défis sont encore grands.
Je ne veux pas que les joueurs oublient ça. Je le leur ai dit dans les premiers entretiens individuels que j’ai effectués. Ce que vous avez réussi pour arriver en tête à la trêve, ce n’est pas un hasard. Ce que vous avez fait sur 8 journées, soyez capables de le reproduire et même de l’améliorer sur les 14 journées restantes.
Nous avons 28 buteurs différents sur l’ensemble du groupe des seniors, comme la saison passée, mais cinq joueurs sont à 5 buts ou plus (toutes équipes confondues), contre un seul à la même époque l’an dernier. On sent qu’on devient dangereux de partout, il n’y a pas de dépendance. Si, il y en a une, une dépendance au collectif. Petit à petit, les joueurs ont compris que le collectif primait sur le reste. Comme à Beaucouzé B lors du dernier match (victoire 3-0), où nous avons senti notre équipe, très imparfaite par moments, très solidaire, très compacte, avec de gros efforts de replacement collectif, beaucoup de déplacements offensifs, où les joueurs jouaient les uns par rapport aux autres. C’était très intéressant".

Yves de Singly. "Ce qui est important dans ce que tu dis, c’est la base même du jeu. Nous ne sommes pas dans l’individualité. C’est le résultat d’un collectif. Je n’ai jamais aimé le classement des buteurs. Parfois, avant la passe décisive, il y a d’autres passes, d’autres choix qui s’avèrent décisifs.
C’est vrai, j’aime bien ta lecture des chiffres. Ça nous donne beaucoup de lumière dans les yeux par rapport à la fin de la saison, si on continue à être sérieux et motivé dans l’investissement des entraînements et des matches. Au-delà de ces chiffres qui parlent en faveur de la dynamique que tu as instituée à travers le projet technique que nous avons validé, est-ce que tu peux nous parler de l’esprit qui règne dans le groupe, pas seulement en équipe première, mais dans l’ensemble du groupe ?"

Pierre Naudet. "Je rebondis sur l’exemple pris tout à l’heure : 36 joueurs à l’entraînement le 11 décembre. L’état d’esprit à l’entraînement est irréprochable. Nous n’avons quasiment pas eu de problèmes à gérer. C’est un vrai bonheur. Autre exemple : cela fait plusieurs séances du vendredi que le groupe C n’était pas suffisamment nombreux pour qu’il puisse bosser séparément – c’était parfois 8 ou 9 joueurs, ce n’est pas si mal, tous les clubs ne peuvent peut-être pas en dire autant. Mais on a décidé de faire deux groupes : groupe A + quelques joueurs de la C et groupe B + quelques joueurs de la C. Ce qui nous permettait d’étoffer nos groupes d’entraînement A et B et de considérer les garçons de la C. Les joueurs étaient super contents. Il y avait de l’échange. Ça permet de rappeler au groupe A/B que les mecs de la C ne sont pas des mauvais et, en plus, s’entraîner de temps en temps avec un « moins bon », ça apprend la tolérance.
Sur le plan général, on sent des mecs en adhésion, qui ont envie, poussés par des résultats positifs. On a utilisé 24 joueurs en A, 31 en B et 28 en C. Nous sommes sur de « grosses masses » de joueurs, avec de la concurrence, des portes ouvertes pour ceux qui le méritent. Il faut à la fois maintenir une concurrence entre les meilleurs joueurs de l’effectif et permettre aux « moins bons » de poursuivre leur progression".

Yves de Singly. "Pour le moment, cela semble bien en place. Ton illustration de l’entraînement où les joueurs de la C étaient avec la A et B me paraît excellente dans l’esprit que nous voulons maintenir. Pour terminer ton entretien, et je vais peut-être te faire rougir un peu, je dirais que tu es un homme de tempérament, de convictions, que je ne confonds pas avec les certitudes, est-ce que tu peux nous dire à ce jour qu’est-ce qui t’habite au sein de la vie du club ?"

Pierre Naudet. "Je prends un plaisir immense à bosser ici, avec toi, avec les dirigeants, le staff, les joueurs. Par exemple, on se parle souvent. J’ai vu dans « Vestiaires magazine », le magazine des éducateurs, un article dont le titre était : « Comment faire avec un président trop envahissant ? » Je l’ai lu. Cela m’a fait sourire car cela ne correspond pas à mon cas. On sent qu’une dynamique est en marche dans le club. Maintenant, tu le sais bien, je serai toujours le premier à dire : « Attention, c’est fragile ! ». Si on décide de faire reposer cette dynamique sur un certain nombre de personnes, il faut être sûr que ce soit les bonnes, qu’elles puissent le faire et qu’elles soient suffisamment entourées pour le faire. Nous avons des responsabilités lourdes. On amène du monde derrière nous, une petite entreprise de 300 personnes en quelque sorte qu’on fait vivre un peu chaque semaine où ce sont essentiellement des notions humaines qui alimentent cette collectivité. Ça bouge beaucoup, c’est très en mouvement et donc fragile. Du coup, quand on met un cadre là-dessus, il faut être particulièrement vigilant.
Il ne faut pas s’arrêter. Une dynamique, c’est bien mais il faut que cela soit palpable. Telle action doit amener tel résultat : une augmentation des licenciés, une montée, des éducateurs diplômés, une labellisation de l’école de foot, etc. Quand on aura ce type de résultats, on pourra dire : la dynamique a amené cela. Je crois très honnêtement qu’on est sur la bonne voie.
Dans un passé récent, le club était « un club de joueurs ». C’est-à-dire qu’il y avait les joueurs d’un côté et les dirigeants de l’autre. Point. Désormais, nous avons structuré le club : il y a une équipe d’éducateurs, qui fonctionne ensemble, et non chacun de son côté avec son équipe ; des dirigeants qui dirigent, avec un conseil d’administration ; des dirigeants de terrain, que l’on voit chaque week-end ; et des joueurs bien sûr. Alors, et c'est normal, cette structuration ne se fait pas sans difficulté".

Yves de Singly. "En t’écoutant, j’aurais presque envie de faire de la philosophie, cela va faire sourire des gens. Tout ce qui est beau est par définition coûteux et fragile, donc il faut l’entretenir, le respecter. Pour arriver à du beau, il faut du temps. C’est l’éphémère qui arrive vite et facilement. Le beau arrive avec lenteur, avec amour, dans le sens : « j’aime venir ici, j’aime faire de l’encadrement, j’aime échanger, j’aime faire la fête autour du repas de Noël ». Je sens cette dynamique se mettre en route. Avec l’âge, je suis devenu patient, je ne l’ai pas toujours été. J’ai bon espoir. Avec ce qui se profile à l’horizon, la construction de deux terrains synthétiques, on peut avoir un espoir sérieux".

Pierre Naudet. "Il y a incontestablement un potentiel ici. Nous sommes tous des gens de passage. Si on aime le club, ce qui est fait ici, il faut qu’on arrive à se dire que ce que l’on fait aujourd’hui compte pour demain. Qu’on participe à ça. Dans 20 ans, nous ne serons plus là. J’espère que le club sera plus haut, mieux structuré, etc. Je me projette autant dans 20 ans ici que dans un mois. Pour moi, le « dans 1 mois » - quelle préparation hivernale allons-nous faire ? – et le « dans 10 ans » - que deviendront les U7 et U8 d’aujourd’hui ? – sont indissociables. Que chacun ait cette idée-là. Pas les joueurs seniors, ce n’est pas leur problème. Mais ceux qui ont des responsabilités d’éducateurs et de dirigeants doivent bien comprendre que ce que l’on fait compte pour « tout de suite » et pour « après-demain ». Guy Roux disait : « le collectif, c’est s’oublier soi-même ». C’est une belle formule qu’on peut tous utiliser. Notre club a un projet commun dans lequel on doit se projeter. Ce projet est plus fort que nous. On y laissera une trace ou pas. Mais on se sera battu pour lui".

Yves de Singly. "Sur cette note d’optimisme, on va dire à chacun de profiter de la trêve pour recharger les batteries physiques et mentales. Merci et à bientôt".